Jacques Monod, 1970 : « L'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'Univers d'où il a émergé par hasard. » Comme le souligne Jean Staune, ce point de vue est aujourd'hui partagé par la majorité des scientifiques de haut niveau, mais pas par tous. Les réfractaires auraient-ils raison ? Plus que jamais, plaide le bouillant auteur de ce livre au titre hardi, du genre sujet de philo au bac. S'appuyant sur nombre de travaux scientifiques de qualité variable, allant de la physique quantique à la biologie des bactéries en passant par la neurophysiologie, il fournit cinq cents pages d'arguments contre la thèse de Monod : non, nous ne sommes pas nés d'un hasard aveugle, et non, l'Univers ne nous est pas indifférent. Staune est partisan de ce qu'il nomme le « principe anthropique superfort » . Selon ce principe, « l'Univers n'est pas seulement préadapté à l'existence d'êtres intelligents comme nous mais également à l'existence de civilisations plus évoluées que la nôtre » . Cet autodidacte original livre ici la synthèse de « dix-neuf années de recherches ». Il connaît beaucoup de choses et a côtoyé bien des scientifiques sur lesquels il s'appuie.
Staune a fait l'objet de mauvais procès. Il est accusé d'avoir partie liée avec les créationnistes et les partisans du « dessein intelligent ». Il s'en défend avec vigueur, et il n'y a aucune raison de douter de sa sincérité. Il est proche du Vatican et financé par une fondation américaine animée par des protestants convaincus. Les lecteurs non avertis se laisseront volontiers séduire par sa rhétorique scientifique. A défaut de se laisser convaincre, les lecteurs avertis, eux, y trouveront maints sujets de réflexion.